Puces Nvidia Blackwell : la Chine vise des centres de données en Europe
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Louer la puissance plutôt qu'importer les puces
Moonshot AI, la société derrière le modèle Kimi, chercherait à faire tourner son IA sur des centres de données installés en Europe. L'idée : utiliser des Nvidia Blackwell louées à distance auprès d'entreprises non chinoises, autorisées à acheter ces processeurs. Les puces resteraient hors de Chine, ce qui éviterait les sanctions américaines à l'importation. Selon des sources proches du dossier citées par Les Numériques, les discussions portent sur la capacité nécessaire pour alimenter Kimi et répondre aux utilisateurs. Une de ces sources décrit Moonshot AI comme très agressive dans sa recherche de puissance.
Moonshot AI a secoué le marché avec Kimi K3, un modèle ouvert de 2 800 milliards de paramètres, aux performances proches des meilleures IA étatsuniennes. La demande a été si forte que la société a suspendu les nouveaux abonnements. Le mois dernier, elle a lancé Kimi K3.1 Pro, avec de meilleurs résultats en code, finance et création 3D. Cette progression réclame toujours plus de puces haut de gamme, et dans cette catégorie les NvidiaBlackwell dominent le marché. Les États-Unis interdisent leur exportation vers la Chine, même si des marchés parallèles existent.
Ce que Nvidia impose à ses partenaires
Pour limiter les risques, Nvidia demande à ses partenaires de centres de données qu'au moins 51 % des clients de nouveaux contrats ne soient pas des entreprises chinoises. Les fournisseurs qui tirent une grande part de leurs revenus de la demande chinoise devront donc chercher davantage de clients ailleurs pour les accords à venir. Washington accuse par ailleurs Moonshot AI d'utiliser des puces Nvidia Blackwell en Asie, notamment en Thaïlande. Selon Reuters, la société aurait aussi accès à environ 20 000 puces Nvidia d'ancienne génération via un accord avec Alibaba.
Un projet de loi adopté à la Chambre, bloqué au Sénat
Les autorités américaines connaissent cette faille. En janvier 2026, la Chambre basse du Congrès a adopté le Remote Access Security Act par 369 voix contre 22. Le texte étendrait les contrôles à l'accès via Internet ou le cloud à du matériel soumis aux restrictions. Pour l'instant, le projet n'a pas franchi le Sénat. La location de puissance européenne reste donc, en l'état, une piste ouverte pour Moonshot AI.
Ce qui reste à vérifier
Les informations reposent sur des sources proches du dossier, pas sur une annonce officielle de Moonshot AI ni sur un contrat signé avec un opérateur européen. Aucun nom de centre de données, aucun prix de location et aucune date de mise en service ne sont cités. Si le Sénat finissait par adopter le Remote Access Security Act, l'accès à distance à du matériel restreint entrerait dans le champ des contrôles.
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